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Crime à Saint-Césaire (suite)

Proposé par : vbc

Aujourd’hui, une phrase revient sur les lèvres des saint-césairois « Ca craint ».

 

Peut-être un souvenir rejaillit-il dans les mémoires ? Une femme assassinée, à Saint-Césaire, en son domicile, tard dans la soirée.

Non, le crime qui a eu lieu vendredi soir n’a rien en commun avec celui commis, il y a quelques années, dans une villa du Mas Roman, si ce n’est la violence. Les lieux, les circonstances et les motivations, autant qu’on les connaisse, sont totalement dissemblables.

Regardons les faits connus de l’enquête qui mobilise, ce jour, l’attention de la police et des médias.

 
Le champ de l’acte est bien celui d’un quartier de Saint-Césaire à Nîmes, cœur du vieux village, dans un appartement, lieu d’habitation de la victime. 

Les personnages centraux : deux hommes adultes, célibataires. L’un voisine la cinquantaine, l’autre la vingtaine.

Les deux hommes sont nîmois mais, a priori, ne se connaissent pas. Ils se rencontrent par l’intermédiaire d’un tchat, par radio comme le prétend le présumé innocent ou internet, comme cela semble plus réaliste, l’enquête le démontrera.

Ils se donnent rendez-vous. Le plus âgé invite le plus jeune, qui accepte, à venir prendre un verre chez lui. Ils se retrouvent donc tous deux dans l’appartement, rue de Mascard.

Il est tard dans la nuit du vendredi. L’entrevue dure un certain temps, plus d’une heure.

L’hôte des lieux, homosexuel, se révèlerait alors attiré sexuellement par son invité. Le jeune homme se dit opposé à toute relation homosexuelle.

Il refuserait donc puis frappe brutalement le résident de plusieurs coups de couteau. La victime, atteinte mortellement, sera découverte vêtue seulement d’un caleçon.

Le présumé coupable sera arrêté le lendemain, devant la gare, tenant un sac rempli de biens personnels. Il s’apprêtait à quitter la France, aurait-il admis, mais son départ aurait été contrecarré par les intempéries qui ont frappé le pays. Il reconnaît l’agression ayant entraîné la mort.

L’ordinateur portable du défunt a disparu, ainsi que l’arme du crime.

 

Une analyse succincte permet de relever quelques éléments intéressants :

- La différence d’âge qui séparait les deux protagonistes - l’un étant âgé de cinquante ans sept , l’autre de 21 ans à peine -  soit près de trente cinq années, a  joué un rôle dans les rapports momentanés qui les ont réunis puis opposés.  

 

- La jeunesse, un attrait certain,  n’a peut-être pas été appréciée et évaluée correctement par le quinquagénaire face aux demandes de son interlocuteur.

 

- Retenons que la proposition faite, par l’intermédiaire du tchat, avait été acceptée. Le jeune homme, qui a caché son nom véritable, a pénétré volontairement dans le domicile de sa nouvelle connaissance. L’heure tardive, le froid, exigeaient un toît mais on constate qu’une certaine intimité était souhaitée car des bars existent à Saint-Césaire et offrent de quoi s’abriter et consommer dans un cadre agréable.

La rencontre réclamait donc une absence de témoins. Cet isolement a été interprété différemment par chacun des partenaires ou n’a pas conduit à une entente sur l’élément important justifiant l'entrevue. Il a autorisé aussi l’affrontement.

 

- La sexualité est avancée pour expliquer la colère qui a entraîné l’acte mortel. « Le jeune homme n’est pas connu pour des affaires de mœurs » écrit le journal Midi Libre (édition du 26 janvier). L’étude approfondie du disque dur de l’ordinateur aurait révélé la nature des messages contenus dans l’appareil même si les emails avaient été effacés. L’outil a disparu. Pourquoi ? Ce vol est révélateur d’une peur. La divulgation d’une homosexualité cachée ou prétextée ? D’un projet dangereux ?

- L’arme du crime : un couteau. On ignore la nature et la provenance du couteau, qui, dévoilées, participeront nécessairement à l’appréciation de la pensée du criminel. L’acte était-il prémédité ? Si les jurés répondent affirmativement,  le meurtre sera qualifié d’homicide avec intention de donner la mort. La préméditation aggravera alors lourdement la sanction pénale.

 

- 13 coups. Pourquoi ce chiffre ? A l’heure où le public est amateur de livres et de films sur  les sectes et le paranormal, une signification touchant au mystique pourrait être donnée. Mais c’est peu crédible. La violence, l’acharnement, la volonté de détruire car la chair offre une résistance certaine à la lame, sont concrets. Le sang a jailli à chaque coup porté, ensanglantant la victime, son assassin, le cadre les enfermant. Les cris du meurtri et du meurtrier ont rempli l’espace. Barbarie.

 

- L’homme assassiné habitait, en colocation, un logement social, à côté de la Mairie. Ses revenus étaient relativement modestes pour lui donner droit à ce logement aidé. Son assassin s’est trompé s’il a cru retirer beaucoup d’argent de cette rencontre. La déception, la vénalité ont-elles amorcé son comportement ?
En outre, le plus âgé, peut-être surpris, d'un surpoids important, ne semblait pas en état physique de résister à un jeune armé, décidé jusqu’à tuer. Les séquestres apposés sur la porte palière qui ont paru sur l’écran de "Télé Miroir" répondent de l’attitude inflexible, dure et inhumaine qui aurait présidé au calcul envisagé.

 

- L’interpellé soutient, d’après Midi Libre, " qu’il a pété les plombs "puis plus tard "qu'il a fait une connerie". Il aurait été dépassé par la situation. Son geste ne serait plus volontaire mais guidé par une force meurtrière qui a désorganisé son entendement. On est enclin à l’admettre si on considère la frappe. Le suspect  s’est acharné sur le corps sans chercher à savoir si le coup entraînant la mort avait été porté. Il est probable, mais l’autopsie le précisera, que le tueur continuait à poignarder un homme déjà mort.

Son avocat, jouera sur cet élément psychiatrique.
Une fragilité mentale, cause explicative de la brutalité, de la durée et du nombre de coups infligés. Oui. La relation homosexuelle proposée qui porte atteinte à l’intégrité physique, à l’estime de soi-même. Oui. On reconnaîtra le décalage entre la réaction et la situation. Il pouvait sortir, la porte lui était accessible. Il a préféré rester, c’est anormal.

Le tueur n’a guère réfléchi aux conséquences de son geste. Certes, il a emporté le couteau et l’ordinateur. Il s’en est débarrassé. Il a pensé que ces objets ne joueraient pas en sa faveur si la police venait à  l' appréhender. La réflexion, à ce stade, a été correcte. Sa fuite l’a été moins. Il a disposé d’un nombre d’heures suffisant pour franchir la frontière s’il avait organisé correctement son départ. Apparemment, il ne possédait ni argent, ni connaissances matérielles et sociales pour réaliser sa fuite. Attendre, devant la gare la plus proche, fait preuve d’un manque minimum de réflexion. Sa défense, n’en doutant pas, saura en tirer des arguments.

Elle axera aussi, sans doute, sa plaidoirie sur l’itinéraire d’un jeune d’origine marocaine mal intégré, sur les blessures infligées par la vie, sur une sexualité mal acceptée …

Attendons la suite des révélations pour diriger notre étude sur cette mort violente qui a bouleversé notre petite communauté.

 

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