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Saint-Césaire.Com commente : TOUT FEU, TOUT FLAMME

Proposé par : vbc

artifices-06gifLa "Pégoulade", que dis-je, la "Bamboulade" s?est révélée, cette année, digne d?une grande ville. Sa conception a été travaillée dans un souci d?originalité, de convivialité et de mise en valeur de notre culture locale. Le patrimoine méditerranéen transparaissait dans le jeu du végétal et de l?animal, dans la symbiose des couleurs, des sonorités et osons l?écrire dans la révélation d?une certaine violence mais, ce soir là, toute pacifique, festive.

Vingt-deux heures, la foule afflue, se presse, compresse qu?à cela ne tienne un dragon, dès plus joyeux, vient avec dynamisme, turbulence et vigilance, canaliser le rassemblement. Il fait rire, on le réclame et proteste, quand avec rapidité, il fuit mais conciliant - un dragon ça a bon caractère !- revient aussi vite pour ouvrir le passage à d?immenses et majestueux taureaux protégés par de non moins beaux bovidés en robe noire. Nos animaux resteront un modèle au plan national voire plus. Faits de bambous, de cordes et de lumière, ils avaient un charme exotique que ne renierait pas le pays du Soleil Levant. Celui-ci était d?ailleurs évoqué dans un char musical aux instruments à percussion et à vent (la tramontane et le mistral y ont ajouté leurs notes personnelles) fabriqués essentiellement à partir de larges troncs de géants herbeux. L?arlésienne, aux traits dévoilant un fort caractère, sur un cheval coiffé d?un crocodile?me semble-t-il, placée à l?ombre d?un palmier, dominait les arènes de paille ; le tout emballé dans un, que seul concurrençait le char énigmatique,?enfin pour moi, offrant dans un seul corps, taureau "banderillé" de rotin, cheminée "fumeuse"et visage grotesque de pâte. Le pont du Gard, en arcs torsadés, était gravi par de sportives marionnettes actionnées de mains de maître, celles d?une belle et blonde jeune fille, toute aussi sportive. Le passage des chars avait pour toile de fond le Jardin de la Fontaine enflammé, pétaradant.

L?embrasement du parc a conclu la soirée. Personnes n?en est sorti indemne sauf un bébé qui continuait indifférent à dormir comme un ange, dans sa poussette. Des langues de feu, des cascades de lumière, des sons aux ondulassions rythmées, hypnotisaient, aveuglaient, assourdissaient. Une minute de répit, de reprise de conscience et tout recommençait dans une surabondance d?éclats qui vous transportait vers un au-delà de vous-même. Une réussite.

Dans cet excès, il restera pourtant, la douce image des cornes des taureaux en bambou caressant amoureusement, dans un scintillement, la cime des micocouliers. Entre plantes, on se comprend.

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